Almeria ... terre de rêve

Almeria … terre de rêve !

 

 

Je suis né le 11 mai 2010, le jour de la Sainte Estelle (étoile) un jour prédestiné.

 C’est à Plaisance du Touch, sur les bords de la Garonne que j’ai ouvert les yeux dans un petit

nid douillet à coté de mon frère et de ma sœur.

La volière de mon père adoptif (François PECHMALBEC) est extérieure et plantée (bambous, lierre

et lilas) avec un petit chalet pour passer la nuit. Elle est d’une surface de 8 m2 orientée Sud-Ouest et est

à l’abri de grands chênes dont le feuillage donne aux chaudes journées d’été, une douceur où il fait bon vivre.

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Mon père, issu d’une famille Italienne (Reggio), porte fièrement les couleurs de ma race.

Ma race … je suis un diamant à queue rousse (Neochmia ruficauda) à tête rouge, mes ancêtres

vivaient dans le nord de l’Australie et certains de mes cousins éloignés doivent encore y être.

J’ai hérité de mon père ma belle charpente ainsi que ma queue sans fin et ce magnifique masque rouge

qui fait la jalousie de mes semblables.

De ma mère, issue elle du splendide élevage de Jean-Claude DUPUIS à Bouloc sur les hauteurs de Toulouse,

j’ai gardé la douceur de ma plume, un tempérament calme, une prestance de mannequin et la netteté

incomparable de mes tâches sur la poitrine.

Dés les premiers jours, je fus nourris par mes parents avec des graines exotiques (Australiennes), du millet

rouge, des vers de farines vivants, des pinkies et vers buffalos congelés mélangés à de la pâtée à l’œuf.

Au soir de mon neuvième jour, je reçus sur la patte droite une belle bague orange (2010) en 2,5 mm portant

le numéro de souche de mon père adoptif (N°333) et mon numéro d’identité (N°23).

Quelle ne fut pas ma fierté, au matin de mon 24ème jour lors de mon premier envol de montrer cette belle

bague aux autres congénères de ma volière : pape de Nouméa, diamant de Forbes, diamant de Bicheno, bengali

de Bombay, petit chanteur de Cuba, diamant de Sidney, Astrild de Sainte-hélène et j’en passe.

Bien décidé à vivre ma vie, je fus quand même nourri pas mes parents jusqu’à mon 35ème jour. Je passais

l’été et l’automne 2010 dans la douceur Toulousaine, agrémentant  mes journées de bains prolongés, de disputes

avec mes frères et sœurs pour un bout de paille ou un vers de farine, de courses éperdues entre les branches

des arbres ou de tentative de chant, bien éloigné encore de la mélopée exquise de mon père.

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L’hiver 2010 fut rude, avec des matins à -7° et je compris rapidement que le moindre rayon de soleil devait

me servir à prendre de l’énergie pour les longues nuits passées serrés les uns contre les autres à attendre la

venue des premières lueurs du jour.

C’est en 2011 que je fis mes premières sorties.

Tout d’abord, mon père adoptif m’envoya passer une semaine dans le Tarn pour le concours Ornithologique d’Aussillon,

belle région certes mais la cage de présentation était petite à mon goût. Je fus regardé sous toutes les coutures,

et obtins un titre de Champion avec 91 points et un commentaire du juge : « Bien en couleur et en dessins ».

Mon premier titre … quel souvenir !!!

Ensuite, ce fut le concours Ornithologique de Frouzins dans la Haute-Garonne, là également, ce fut

un titre de champion avec 91 points.

Belle semaine entouré de tous mes copains des clubs voisins et de nombreux visiteurs de toute la région Toulousaine.

Je ne savais plus quoi faire pour montrer mon meilleur profil et donner le meilleur de moi-même.

Enfin, une petite semaine dans l’Ariège au concours de Saverdun.

L’air vivifiant des proches Pyrénées me fit le plus grand bien et j’obtins là encore un titre de

Champion avec 91 points et un commentaire du juge : « Bel oiseau !».

Bel oiseau, bel oiseau, d’accord, mais tout cela restait bien local.

Alors mon père adoptif m’inscrivit au Championnat de France à Palavas les Flots.

Le Championnat de France !

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Je partis de la maison, un soir de décembre, dans un camion des convoyeurs de l’UOF, laissant les miens pour me

mesurer à ce qui se fait de mieux en France.

Une semaine en Camargue, bercé par les hennissements des chevaux blancs, les vols de flamants roses, le beuglement

des taureaux, enivré par les embruns Méditerranéen, la saladelle, le tamaris et la salicorne, chouchouté par les manadiers

transformés pour l’occasion en passeurs, nourrisseurs et organisateurs.

Quelle semaine …

 

Le verdict tomba le vendredi 2 décembre, avec 90 points j’étais le nouveau Champion de France 2011.

Ma joie et ma fierté n’était rien comparé à celle que j’ai procuré à mon père adoptif qui pendant une semaine n’a pas touché terre.

Il est même venu spécialement à Palavas me féliciter et …pavoiser un peu également, il faut bien l’avouer.

Champion de France, moi, le petit Ruficauda de Plaisance du Touch, j’ai vécu un rêve éveillé …

Mais l’aventure de s’arrêta pas là, loin s’en faut, car ébloui par cette victoire inespérée, mon père adoptif m’inscrivit

aux Championnat du Monde à Almeria en Espagne.

L’Espagne, l’Andalousie, la chaleur,  … les Championnats du monde.

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Serais-je à la hauteur ?

Qu’allais-je faire face aux Espagnols, aux Italiens, aux Belges, aux Hollandais, aux Allemands, aux Turcs, etc …

Le voyage fut long, long, long …

Dans mon petit sabot de transport, je repassais dans ma tête les positions, les effets de tête, les changements

de patte, les battements d’aile, les vocalises.

L’arrivée à Almeria fut épique. Plus de 25 000 oiseaux venant de 17 pays différents.

Un bruit infernal, une salle immense, une agitation démentielle, une organisation au top, des cages,

des cages et un monde, un monde.

On me mit dans une cage d’exposition (toujours la même taille) et je compris rapidement que la compétition serait rude.

J’étais entouré d’oiseaux plus beaux les uns que les autres et pas un seul miroir à porter pour me refaire une beauté.

Alea jacta est …

Avec un pointage de 91 points je fus médaillé de Bronze. Le titre revenant à un exceptionnel mâle Hollandais et

la médaille d’argent à un splendide Espagnol.

Quelle joie, quelle fierté, quelle aventure !!!

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Merci à tous pour ce merveilleux voyage, merci aux convoyeurs et à leurs attentions dévoués,

merci aux organisateurs Espagnols et leur investissement sans faille, merci à l’UOF, merci aux juges pour leur clairvoyance

et enfin merci au Club de Frouzins dont les éleveurs chevronnés ont mis le pied à l’étrier à mon père adoptif.

L’avenir ?

Comme un bonheur n’arrive jamais seul, je viens d’appendre que mon père adoptif m’avait trouvé une

belle femelle dans l’élevage de Thierry HUMBERT (médaille d’argent aux Championnat du monde en diamant

à queue rousse tête jaune), mais chut … c’est un secret.

François PECHMALBEC

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L’un concernant les verdiers et l’autre les merles, grives et étourneaux.

 

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