LA PREPARATION DES OISEAUX DE CONCOURS

 

LA PREPARATION DES OISEAUX DE CONCOURS

 Il est constat assez paradoxal qui s'observe dans les championnats.

Tout au long de l'année, l'éleveur va choyer ses oiseaux, les observer , préparer les
accouplements , nourrir avec attention , surveiller l'avancée de ses nichées et de ses jeunes, et les
entretenir avec un grand soin.
Il va, après ce long travail, souhaiter se mesurer à ses collègues, montrer le fruit de son travail et,
bien évidemment tenter de gagner au jeu des concours. Et là PAF , PAF, PAF et RE-PAF !!!
Comme beaucoup d'entre eux, ils ignorent totalement ou font l'impasse sur un critère final que seuls
tous les grands éleveurs maîtrisent et parviennent ainsi à faire hisser leurs oiseaux sur le haut des
podiums.

Mais quel est donc ce petit mystère ?

Malheureusement, dans bien des cas, le passionné va se saborder lui même car il va littéralement
jeter son oiseau dans une petite cage d'expo sans l'y avoir préparé et faire juger un oiseau en plein
stress.


Analysons la situation :

Durant toute l'année, l'oiseau vit dans un espace qu'il connaît bien. Il est visité régulièrement par
une même personne à laquelle il s'est habitué et connaît son environnement : il est détendu.
Dans un concours, il va se retrouver dans un espace confiné, sa cage va être manipulée voire
entrechoquée, la température et les odeurs vont être différentes et des bruits inhabituels vont
l'entourer : l'oiseau STRESSE (bien plus que l'éleveur) .


Il faut savoir :

Un oiseau stresse assez facilement et notamment lorsqu'il est extirpé de sa volière pour être
emprisonné dans un petit volume.
Ce stress se manifeste sous différents aspects: Le plus fréquemment, l'oiseau colle ses plumes au
corps pour se rendre moins volumineux, réflexe naturel pour être moins visible des prédateurs
(excusez moi l'exemple mais ses plumes sont tellement plaquées au corps qu'il donne parfois
l'impression d'être recouvert d'écailles et ressemble davantage à une sardine sur un perchoir) , ou
bien encore il se couche sur le barreau, se terre dans un coin de fond de cage, s'agrippe à la grille où
il détruit ses rémiges, saute sans arrêt d'un barreau à l'autre en cherchant une issue de secours.
Certains montrent des rictus nerveux en se rabattant sur la nourriture générant ainsi des poitrines
lourdes ou en faisant éclabousser l'eau de l'abreuvoir et se salissant à cette occasion.
Quelque soit sa forme de stress ou de nervosité, l'oiseau ne va pas pouvoir faire percevoir ses
qualités et s'en trouvera pénalisé lors du jugement.


Le remède est pourtant simple et surtout INEVITABLE !

La préparation d'un oiseau pour un championnat est accessible à tout éleveur. Il faut habituer son
spécimen à se sentir plus rassuré d'être encagé dans ce petit espace dont il sera prisonnier durant la phase de jugement.

Avant le concours, l'oiseau doit être placé dans le même style de cage durant une huitaine. Il
s'habituera ainsi à ce nouveau volume qui ne sera plus une zone inconnue pour lui. Il faut lui
apprendre également à supporter psychologiquement les manipulations de sa cage en déplaçant
cette dernière assez souvent. Le fait de lui faire écouter la radio lui permettra également de ne plus
être effrayé par des voix et des sons inconnus.

Cette manœuvre possède quand même un petit inconvénient : l'oiseau sali son plumage
facilement.
Pour contourner ce phénomène, je vais vous faire part de mon petit secret. (Ne le répétez à personne
bien sûr et ne lisez pas plus loin si vous avez le vertige).
Le mois avant une exposition, je prépare mes oiseaux dans des cages de concours durant une
semaine. Ils s'habituent à l'espace et aux manipulations de la « boite ». A l'issue, je remets mes
oiseaux dans des cages de reproduction où ils vont pouvoir s'ébattre et se baigner à volonté fin de
bien remettre leur plumage en ordre. Puis enfin, 2 ou trois jours avant les encagements, les oiseaux
retournent dans leur «petite cage d'expo» où ils se réhabituent très rapidement.

Le tour est joué, le jour du jugement l'oiseau est fier , se présente bien et permet une facile
observation. Un oiseau détendu ne plaque plus ses plumes au corps et paraît toujours plus imposant
qu'un oiseau en phase de peur ou crainte.

Rien n'est sorcier et c'est une manière très facile pour devancer un concurrent au podium.

Les oiseaux sont jugés en début de semaine et très généralement au lendemain du traumatisme de
leur sortie de leur espace habituel. En fin de semaine, ils sont totalement différents car ils
commencent à s'habituer et je n'ai aucun doute que ce dernier jour d'expo, bien d'entre eux
mériteraient un point supplémentaire.

Je parle pour ceux qui ne préparent pas leurs oiseaux, car les autres éleveurs connaissent très bien le
système et ils risquent d'ailleurs de m'en vouloir un peu que de dévoiler ce petit plus !!!!!!.

Je vous souhaite une bonne année d'élevage, mais surtout, une bonne préparation de vos purs-sangs.

PS: Si vous voulez suivre ces petits conseils, je vous invite à fabriquer immédiatement de nouveaux
présentoirs pour vos médailles et coupes à venir.

La préparation des concours

 

 

article publié avec l'aimable autorisation de son auteur
Mr CHEVALIER Thierry (Juge Exotiques becs droits)

©Copyright "Entente Toulousaine Ornithologique" 2013, tous droits réservés

 

 

 

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Les chats tuent des milliards d'oiseaux

 

  • Article du Figaro publié 31 01 2013

 

 

                                                      

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